Après une sorte de longue introduction à la Sorcellerie (solitaire et en groupe) puis des concepts-clés et de nombreux Exercices, l’autrice bifurque au milieu de l’ouvrage vers une « théorie de la pratique » à la foi magique, wiccane et ésotérique. 🧙
« Chapitre 7 Les Symboles magiques » insiste sur la Magie comme force de changement intérieur tout autant qu’action sur ce qui nous est extérieur, avec quelques remises en cause dans ses notes. Le chapitre commence par des jeux de mots et aphorismes pour décentrer la vision. Starhawk décrit la Magie comme la pratique des Sorcières et Sorciers, qui vise à œuvrer sur des forces invisibles que l’on peut percevoir, en s’appuyant sur les rêves, de nombreux ingrédients, le changement de conscience (développé dans les chapitres suivants) et l'union à l’Autre. Elle insiste sur le côté inattendu des résultats de nos petites actions magiques. L’Inconscient peut être stimulé par des mots, des symboles, des choses.
En note de traduction, une explication intéressante sur la différence entre le sort (l’intention) et le sortilège (la mise en œuvre), le premier étant une sorte de prière que le second projette dans l’invisible par des objets, des actes, des paroles. Il y a à la fois l’Esprit et les choses matérielles dans la Magie, choses listées dans des tables de correspondances symboliques héritées de l’Antiquité. En note, Starhawk propose une méthode de travail magique : 🪄 1° clarifier son intention (sort) par la méditation et la divination ; 2° se promener en ramassant les ingrédients ; 3° les lier/assembler pendant le rituel (sortilège) ; 4° s’en débarrasser en offrande.
La Magie demande des qualités mentales développées aux chapitres précédents, mais aussi un côté matériel et personnel développé, un sens du « ici et maintenant » en insufflant notre conscience dans notre volonté magique. Starhawk expose une sorte d’alchimie intérieure très jungienne, en lien avec les inconscients individuel et collectif, qui transforment le/la Mage par sa volonté. Elle insiste évidemment sur l'honnêteté, l’importance de la Parole magique, qui nous convainquent par autosuggestion. La Magie est une métaphore qui permet d’accéder aux Énergies subtiles, pour que nos petits sortilèges fassent « effet papillon ».
Donc les symboles, les images magiques, aident à concentrer et canaliser notre Énergie, avec auparavant une étape de préparation de l’intention ; aussi pour reconnaître nos émotions et les transformer par le sortilège. Starhawk revient régulièrement à ce qui nous dépasse : la Magie relie le Soi à une Énergie collective, de l’Humanité, au Cosmos. Puis elle développe sur l’Astrologie, notamment l’influence de la Lune, la plus forte car elle est l’astre le plus proche de la Terre : Lune croissante pour ce qui demande du développement, Pleine Lune pour l’Amour, décroissante pour le bannissement ; bien sûr les sorts sont adaptables ! 🌑🌓🌕🌗🌚
L’autrice insiste toujours sur la subtilité déconcertante des résultats ; et le fait que la Magie ne remplacera jamais les actions concrètes qui nous incombent. Elle demande de visualiser le résultat final, de le fixer dans un symbole projeté en conscience, puis de lier le sort ; ce qu’elle propose en Exercice 43. Puis elle développe sur les sorts liés à une autre personne, avec laquelle le/la Mage doit avoir un lien psychique, une sorte d’empathie très développée ; d’où l’idée ancienne que ce que nous envoyons à autrui nous revient en triple car nous sommes la source de l’Énergie envoyée.
C’est évidemment l’occasion de parler des Sorcières, dont le terme Hex renvoie aux objets symboliques hexagonaux dans les pays germaniques et aux Harpies. ⬡ 🧙 Selon les traditions magiques, soit le consentement est obligatoire et donc les maléfices interdits ; soit à l’inverse on considère qu’il faut savoir jeter un sort pour guérir, notamment en empêchant autrui de nuire, qui donne des résultats encore plus surprenants que les sorts « bénéfiques ». Ce que l’on pourrait appeler « Magie Noire » est avant tout une Magie égoïste, dirigée contre autrui, qui détruit le/la Mage. Ce pourquoi Starhawk rappelle l’indispensable travail sur soi à faire, car toute Énergie envoyée nous revient en boomerang. 🪃 Elle glisse aussi que les sorts pour attirer l’Amour, attirent en fait le Sexe, ce dont je peux témoigner.
Contre les attaques magiques, plus rares qu’on ne pense car elles sont souvent des pensées paranoïaques, Starhawk propose « Exercice 44 Filtre de protection », qui nécessite beaucoup de concentration pour durer dans le temps. Le chapitre se termine par de nombreux sortilèges, avec un rappel de la structure : Cercle-Pouvoir-fermer-mettre à la Terre ; et un rappel du lien entre ces sortilèges et les rituels saisonniers. 🌎🌳
Quelques-uns de ces sortilèges, et la plupart des « Charmes confectionnés avec des plantes », demandent néanmoins des ingrédients rares, des correspondances précises, des périodes précises aussi pour les confectionner, ce qu’elle dénonçait pourtant plus tôt. En note, elle insiste avec justesse sur l’art de détruire ce qui reste des sorts/charmes, faire quelque chose de biodégradable avec des ingrédients locaux. D’utiles correspondances sont exposées dans le « Charme pour obtenir un travail », domaine moderne qui comme l’Amour ou les sorts contre autrui, fait l’objet de nombreuses erreurs et malentendus.
Le « Chapitre 8 Énergie, le Cône de Pouvoir » est un autre chapitre de théorie mise en pratique, ici une théorie ésotérique mise en méditations et divinations. Il commence par une description subjective du Cône de Pouvoir émis en groupe, et ses effets de transe. Il s’agit d’après Starhawk, de se connecter à l’Énergie universelle en chacun de nous pour ensuite la renvoyer, en vivant extase et transe. Il faudra aussi savoir ressentir précisément cette/ces Énergie(s), en se connectant à la Nature, la Terre.
Elle décrit l’Énergie comme étant constamment en mouvement, à ne pas bloquer, sous forme de spirales, d’ondes, ce qui est un moyen de la relier à la physique quantique. Mais Starhawk insiste aussi sur le repos, la relaxation, car l’Énergie n’est pas de la même nature que nous Humains. Notamment, elle rappelle (et j’insiste avec elle !) l’importance de rendre l’Énergie utilisée à la Terre, ⏚ à la fin de tout rituel. De même au début de chaque rituel, il est conseillé de s’ancrer à la Terre, prendre conscience du Cercle. Puis l’autrice décrit un autre rituel, public et politique cette fois-ci.
Elle rappelle qu’il faut dépenser de l’Énergie pour la faire monter, suer corporellement et perdre temporairement ses repères mentaux. Le Cône de Pouvoir, généralement focalisé sur un objet, une image à visualiser ensemble, est pour Starhawk le sommet des pratiques rituelles en groupe, après avoir effectué les Exercices 3 à 8, 21-22, 38. Cet « Exercice 45 Le Cône de Pouvoir » ouvre un nouveau cycle d’exercices à faire en groupe, jusqu’au 56 (avec quelques exceptions). Le début est classique : ancrés, en Cercle, respiration de groupe, chant sans paroles. Puis tout en chantant, il faut visualiser le but à atteindre collectivement, faire monter ce Pouvoir jusqu’à ce qu’il retombe. Enfin se détendre vers la Terre, et lui rendre l’Énergie.
Une longue note développe sur comment faire retomber ce Pouvoir, plutôt intuitivement par un petit groupe que de façon cérémonielle par un/e seul/e ; elle insiste sur la clarté de l’objectif à atteindre et visualiser pour éviter les manipulations. Starhawk suggère fortement d’ajouter des percussions, danses, rythmes, mots… pour accompagner le Pouvoir. 🥁
Suivent 2 exercices complémentaires : 46 « Le Chant de la Matrice » qui doit se faire en Cercle, allongé-e-s, les têtes au centre, en touchant « la matrice » (le nombril ? attention aux attouchements !) de ses voisins. Après ancrage, respiration de groupe, chant de Pouvoir, il s’agit de visualiser un souffle qui vient de cette Matrice, qui devient un son, un Cône de Pouvoir, qui retombe, mise à la Terre.
« Exercice 47 Mise à la Terre formelle » est la version ritualisée en groupe de l’Exercice 7 : si possible en tenant la baguette ou autre objet dirigeant l’Énergie, on lève d’abord les mains en visualisant le Pouvoir qui coule, on se relie à la terre et ancrage, puis avec un texte poétique on baisse les mains/la baguette jusqu’au sol, et on rend à la Terre. 🜃
Ce chapitre se poursuit avec une explication des 3 types d’Énergies : d’abord l’Énergie Élémentale, liée aux Éléments naturels, à nos besoins basiques corporels, dite aussi éthérique. Cette Énergie subtile est liée à la Terre, Air, Feu, Eau, ♁🌊🔥𐑺 plantes et animaux (et minéraux !), au Corps Éthérique, à l’Inconscient. En note, Starhawk insiste lourdement sur le nécessaire contact à la Nature : jardin, parc, forêt, grands espaces… le/la Mage doit se balader régulièrement ! Une autre note rappelle l’importance énergétique des animaux familiers 🐱 : chats, chiens qui sont plus animés, mais ces animaux sont souvent trop nerveux si on les intègre dans un rituel. Cette Énergie est renforcée à chaque ancrage.
La seconde est l'Énergie mentale, liée au cerveau, aux rêves. Pour Starhawk, Corps Éthérique et Corps Astral forment l’Aura, un champ d’Énergie personnelle qui rayonne selon diverses couleurs subtiles. Le Corps Astral peut être projeté en-dehors du corps physique par un voyage astral. 🧠
Enfin la 3ème est l'Énergie des Divinités et Esprits invoqués dans les rituels, temporaire, qui ouvre le troisième œil au milieu du front, après avoir ouvert les chakras précédents (nombril et plexus notamment). 👻 Puis Starhawk propose « Exercice 48 Le Pendule » pour harmoniser nos Énergies, faisable seul, en le laissant se balancer librement selon nos émotions. Après une profonde respiration ventrale, elle suggère de tenir le pendule 5cm au-dessus de la paume de l’autre main, se détendre, attendre, jusqu’à ce que notre Inconscient le fasse bouger par des mouvements involontaires.
Suivent des exercices à faire à deux : 49 « Ressentir l’Aura, la méthode du Pendule » avec une personne réceptrice qui fait osciller le pendule à 60cm de la personne émettrice, distance de l’Aura à partir de la fontanelle ; je suis réservé sur le conseil de chercher des zones de tension (à faire par un-e thérapeute) mais on peut repérer sans danger les zones plus énergétiques. « Exercice 50 Ressentir l’Aura, la méthode directe » est la même chose avec les paumes des mains, pour ressentir des zones chaudes et froides dans les Auras. 👐
« Exercice 51 Absorber et projeter l’Énergie » peut se faire avec pendule ou paumes. L’émettrice fait « Exercice 5 L’Arbre de Vie » et la réceptrice doit ressentir les « branches » d’Énergie ; puis l’émettrice doit visualiser l’Énergie être absorbée et la réceptrice doit la ressentir diminuée. « Exercice 52 Voir l’Aura » se fait en groupe : sur un fond blanc, l’émetteur/trice (Starhawk préconise nu-e mais bien sûr cela peut se faire sous-vêtements) se positionne, tous font les Exercices 10 puis 9, lumière tamisée. En regardant attentivement, on devrait percevoir le Corps Éthérique comme une ligne lumineuse, l’Astral sous forme d’un nuage coloré changeant. Pour terminer, elle rappelle que les objets magiques ont aussi leurs Énergies, reliées à celle de l’Univers. 🪄
« Chapitre 9 La Transe » est le dernier chapitre sur le travail spirituel psychique. Après un récit de transe hypnotique, Starhawk insiste sur notre évolution interne, en connexion avec un Univers énergétique en perpétuel changement. Elle rappelle que physiquement, nous n’entendons ni ne voyons toute la Réalité ; pour elle, la Transe serait une perception du Tout. Elle expose que de nombreuses choses peuvent nous faire entrer en transe : incantations, rêveries, concentration, Arts, méditations. Le côté initiatique de ces états modifiés de conscience doit nous rendre humbles devant le Tout, et nous éloigner de ceux qui se disent supérieurs. Elle relie la Transe à des expériences universelles, formant l’Inconscient collectif. ☯
La transe est au-delà des sens physiques (qui pour ma part marchent fort bien en rêve), au-delà de ce que l’on peut nommer, elle est un accès direct aux Énergies subtiles, racontables sous forme de métaphores comme dans l’Alchimie, dans lesquelles évoluent des Entités qui entrent parfois en contact avec nous. En note, Starhawk insiste sur notre subjectivité, indispensable pour raconter nos vécus de transe, les interpréter, méditer dessus, notant que certaines entités peuvent venir de notre psychisme. Elle expose ensuite les énergies subtiles/astrales créées par des groupes appelées égrégores, ancrées dans des objets et espaces physiques, en citant Dion Fortune.
Starhawk alerte sur le le voyage astral, qui se ferait plutôt dans le plan astral que dans le réel physique et nécessite beaucoup d’énergie personnelle, de la sécurité, sans dérangement, avec un Cercle de protection, rituel, visualisation. Elle rappelle que la transe développe la créativité, et la distingue de l’hypnose et des fausses idées sur les suggestions, car en transe nous nous auto-suggérons. La transe développe la médiumnité, le Soi profond enfantin, les révélations ; mais aussi l’Ombre, le refoulement, qui peuvent ressortir dans les récits que nous nous construisons après.
La longue note 51 développe sur l’Ombre qui peut apparaître en transe, notamment nos archétypes de pouvoirs abusifs sur nous-mêmes et sur autrui, notre « dictateur interne », nos paranoïas, jugements, comparaisons, jalousies, notre besoin d’ordre qui ne fonctionne pas en Spiritualité, notre autocensure. En antidote, Starhawk insiste sur le groupe de pratique, les processus de décision, le besoin de mystère, le partage d’expériences contre les non-dits, l'absence de hiérarchie. Elle préconise de se recentrer sur Soi, nos choix, nommer les conflits, prendre nos responsabilités, ne pas soigner autrui contre lui/elle, ne pas agir si nous ne sommes par concerné, faire amende honorable dans l’autre cas. Pour elle, aucune personne spirituellement élevée n’a jamais totalement rompu avec ses Ombres. 🕶
Starhawk s’élève contre la négation du corps et à l’inverse tout y rattacher, les « entités » qui nous enjoindraient d’abandonner ce qu’on aime, et met en garde sur le fait que l’Ombre peut faire tomber malade psychiquement par culpabilité, paranoïa du « mauvais œil »… 👁 Elle insiste encore sur la force du Coven, la douceur entre membres, pourquoi pas ritualiser nos confrontations, et ne pas s’acharner sur les personnes malades ni en bien ni en mal. L’autrice s’élève fermement contre les psychotropes, utilisés souvent d’une façon non-traditionnelle alors que le Chamanisme repose sur des contrôles s’exerçant depuis des générations, selon des structures mythologiques.
Le but de la transe est la vision, la conscience éclairée. Une excellente protection d’après Starhawk est l’humour, le rire - de soi-même y compris - sans oublier l’étude approfondie des rêves. L’autrice indique que les études de Magie et de Mythologie peuvent structures les rêves, elle préconise un journal des rêves, et s'entraîner à faire des rêves lucides. 💭
Après ces lourdes mais nécessaires théories, vient la pratique de la transe : elle peut être induite par la relaxation, la privation des sens, le rythme, et même l’ennui. La relaxation est préconisée en groupe. La privation sensorielle peut faire entendre des voix par exemple ; scruter un cristal et autres pratiques de voyance peuvent faire émerger des visions. Starhawk recommande fortement le rythme, le tambour chamanique, avec des rythmes syncopés ou des pulsations régulières à 8 ou 6 temps. La transe peut être encore amenée par la danse, la poésie métrique, les paroles chantées, l’ennui, la répétition musicale. 🎶
Starhawk rappelle de projeter un cercle en le visualisant, puis expose « Exercice 53 Recommandations » en trouvant toutefois que cette introduction n’est pas toujours utile, par exemple le fait de se rappeler de tout, qu’il vaut mieux contrôler la descente. Puis après un exercice de relaxation, s'ensuit « Exercice 54 L’Arc-en-ciel : induction à la transe » en ajoutant en note qu’il n’est pas nécessaire d’être allongé-e, surtout les personnes remuantes, bruyantes ; même si des instructions claires sont bonnes pour débuter et cadrer. Puis « Exercice 55 Le Lieu de Pouvoir » pour se créer un refuge intérieur, avant de sortir doucement de la transe, en inversant bien le processus, en visualisant le tout pour se protéger intérieurement, par l'« Exercice 56 L’Arc-en-ciel : sortie de la transe » avec quelques ajouts en note ; je suggère enfin de rendre l’Énergie à la Terre. 🌈
Starhawk continue avec « Exercice 57 Clairvoyance » en se concentrant sur un objet, sans se forcer, sous forme de flashs ; toujours rendre l’Énergie à la fin. « Exercice 58 Suggestion » pour fixer un résultat que l’on veut obtenir ; « Exercice 59 Mémoire » qui propose un cheminement dans nos souvenirs ; « Exercice 60 Transe pour entrer dans un rêve » sur un cheminement semblable. Elle propose aussi une transe dans l’Ombre, et de créer des inductions rythmées et répétitives comme dans « Exercice 61 Induire le rituel », qui peut se faire à plusieurs.
L'autrice relie les Cultes à Mystères et la Sorcellerie par l'intermédiaire des rituels avec induction et révélation - par la transe - d’un secret qui n’a de sens que dans le rituel. La transe aide beaucoup à la Divination, pour focaliser l’attention, l’intuition, les perceptions et prodiguer de bons conseils. Starhawk rappelle que pour revenir dans la « vraie vie », le mieux est de manger et boire ensemble ! Cette fin de rituel s’appelle aussi « Petite fête » chez Cunningham, en faisant attention à l’abus d’alcool… Elle contient la libation, la circulation du gobelet, le partage social. J’insiste aussi lourdement qu’elle sur une clôture formelle du rituel, la dissipation des Énergies du groupe, dire « au revoir » aux Divinités, dissiper en inversant le Cercle comme un bannissement et en chantant ensemble. 🍝🍻






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